Mourir ici-bas

Mourir ici-bas

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La rivière contemple le chemin parcouru, depuis les sommets des montagnes, la longue route sinueuse traversant forêts et villages. Et devant elle, elle aperçoit un océan si vaste, qu'y entrer, fait ressentir comme une disparition à jamais. Mais il n'y a pas d'autre voie. La rivière ne peut rebrousser chemin. Nul ne peut revenir en arrière. Revenir en arrière est impossible dans l'existence.

La rivière doit prendre le risque d'entrer dans l'océan, car alors seulement la peur disparaîtra, car c'est là que la rivière comprendra qu'il ne s'agit pas de disparaître mais de devenir l'océan. (Khalil Gibran)

La Vie, une préparation à la Grande Transition

Et si nous imaginions la vie comme un long apprentissage, une école douce et parfois rude où chaque expérience, nous façonne en profondeur. Nous naissons, nous souffrons, nous perdons, nous retrouvons... Tout cela n'est pas vain. Chaque étape nous invite peu à peu à lâcher prise : lâcher nos certitudes d'enfant, nos illusions de jeunesse, nos attachements excessifs, nos peurs.

Au fond, toute notre existence nous entraîne à mourir à ce que nous étions pour devenir ce que nous sommes appelés à être. Et la mort n'est que le dernier pas de ce chemin. 

Elle n'est pas une fin brutale, mais un passage : mourir à l'état que nous connaissons - ce corps, ces rôles, ces limites - pour naître à un autre état, plus vaste, plus libre, que nous ne pouvons encore imaginer.

Comme la chenille qui doit se dissoudre dans son cocon pour laisser place au papillon, nous sommes préparés, jour après jour, à cette méthamorphose ultime.

La vie ne nous vole rien, elle nous apprend simplement à traverser la porte quand le moment vient, confiant que ce qui nous attend de l'autre côté est la continuité naturelle de ce que nous avons déjà commencé  ici.

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