Choisir librement de ne pas se défendre alors qu'on pourrait le faire, c'est lâcher son ego.
La véritable force ne procède d'aucune lutte, d'aucun combat, cela consiste d'avantage dans la capacité de ressentir. Lâcher son système de défense, implique du courage. Lorsque je ne suis pas en lien avec la Source de vie en mon fort intérieur, les étapes où j'abandonne progressivement mon système de défense me font traverser des moments où je me sens extrèmement vulnérable et où je peux me sentir blessé.
La spécificité de l'humain par rapport à l'animal est que notre système de défence nous sert surtout à ne pas ressentir. Si je suis giflé, la douleur du coup va être inférieure à l'humiliation que je vais ressentir, et si je combats, c'est avant tout pour ne pas ressentir le sentiment d'humiliation. Je peux être envahi par une collère qui est une émotion secondaire en rapport au premier ressenti qui est le sentiment d'humiliation. Le but de ma colère est de ne pas ressentir l'humiliation. C'est pourquoi lâcher progressivement son système de défense suppose de ressentir. Le courage de ressentir non seulement la douleur physique, mais aussi toutes les douleurs de mon histoire que j'ai enfouies pour survivre, dans mon enfance, notamment.
La violence peut être psychologique, physique, d'ignorance, verbale, de jugement, .... Lorsque je me livre à la violence, je ne considère pas l'autre comme un être unique et libre. Les violences psychologiques peuvent être dissimulées derrière le masque de l'amour. Une relation fusionnelle est souvent en apparence de l'amour, pourtant sous l'apparence de ne faire qu'un, il peut y avoir une lutte secrète pour que chacun s'approprie l'autre. " Nous ne faisons qu'un ! " Oui mais lequel et au détriment de qui? Derrière l'amour passion, il y a une lutte entre deux ego, entre deux systèmes de défense.
L'ego est le système de survie-défense établi dès l'enfance. Aucun d'entre nous n'a reçu ou donné l'amour absolu, inconditionnel. Cela ne dépend pas du tout de la qualité des parents que nous avons pu avoir, bien qu'évidemment, cela joue un rôle aussi, certains parents sont plus capables d'aimer que d'autres. Là n'est pas la question. Mais la vraie question est :
"Que dois-je être pour ne pas mourir?".
Un être humain ressent très tôt les messages sous-jacents, les attentes, les espoirs... qu'on pose sur lui, donc il comprend que s'il ne veut pas recevoir une violence énergétique, physique ou verbale qui va lui faire du mal, il va falloir être comme ceci ou cela. Nous nous sommes construits en rapport aux attentes projettées consciemment ou inconsciemment sur nous afin de ne pas décevoir au risque d'être abandonner et de mourir. Les parents sont chargés de façon consciente ou inconsciente de projections sur leur enfant. Des attentes destinées à combler ou à soulager leurs propres manques, leurs propres souffrances. Selon le ressenti de l'enfant, l'amour dépend alors de sa capacité à se montrer conforme aux attentes de ses parents puis très vite de la société. La dimension conditionnelle de l'amour que nous recevons et la compréhension que nous en avons eu sont à l'origine de nos conditionnements. Conditionnemements qui nous éloignent de qui nous sommes vraiment et dont nous essaierons, peut-être si nous en prenons conscience, de nous libérer durant notre vie, ressentant des malaises profonds de ne pouvoir être vraiment soi.
Avoir des attentes vis-à-vis de quelqu'un est une façon de nier sa singularité, de le contraindre à réprimer sa spontanéité, finalement à refouler tout ce qui ne rentre pas dans le cadre des attentes et des projections. Dans toute relation, nous pouvons faire des demandes, évidemment mais l'attente commence quand je considère que ma demande est un dû. D'ailleurs, si je considère que ma demande est un dû, je ne vais peut-être même pas la formuler comme une demande, je vais supposer que la personne devrait anticiper mes attentes. Les attentes peuvent être formulées sous forme de reproches, sans qu'il y ait eu de demande au préalable, parce que je condidère que l'autre me doit quelque chose, je considère qu'il doit comprendre, qu'il me le doit et qu'il est au courant de sa dette, même si je ne le lui ai jamais dit. Faire une demande, c'est s'adresser à une liberté, s'exposer à la liberté de l'autre de répondre oui ou non. Dans toute relation, lâcher ses attentes, est un chemin vers le plein amour.
Notre ego était indispensable durant une période. Il nous a permis de jouer les rôles que l'on attendait de nous, nous a permis de survivre un temps. Pourtant, nous souffrons toujours du manque d'amour inconditionnel puisque nous ne pouvons pas être nous-même mais des personnages sous des masques, des identités empruntées afin de ne pas décevoir. Pour être libre, nous sommes amenés à nous séparer de notre système de défence, l'ego. Tout en le remerciant pour notre collaboration qui s'achève maintenant. Désormais, je peux subvenir au manque d'amour inconditionnel, en devenant qui je suis vraiment et en me reliant à la Conscience en moi et de laquelle je me croyais coupée. Elle m'attendait et sera toujours là, inconditionnellement. Patiemment au plus profond de moi, sous le tumulte des fausses identités, des rôles joués, des pensées tourbillonnantes incessantes, des histoires fabulées et des croyances inébranlables construites ou reçues.
L'ego convaincu d'être le capitaine, seul au commande, s'est chargé de tout contrôler, planifier, organiser notre survie depuis son tout petit point de vue, de ses toutes petites déductions. Alors que le rôle de notre intelligence mentale est de créer dans la matière les inspirations que nous souffle la Source créatrice de vie qui détient les tenant et les aboutissant de toute sa création.
Lâcher l'ego, c'est lâcher le contôle, c'est entrer dans la spontanéité inspirée. Il y a une Inspiration qui guide ma vie, mes actions, mes pensées, mes paroles si je veux bien l'écouter. Ce n'est plus moi qui vit, c'est la vie qui s'exprime à travers moi. Je me mets au service de la vie.
Une action, une parole inspirée est toujours juste, elle peut nous prendre par surprise, parce que notre mental, n'aurait jamais pu avoir assez de connaissance pour dire, écrire, faire cela. Cela est possible pour tous lorsque nous nous élevons au-dessus des émotions, des pensées et ainsi nous nous rendons disponible. Nous sommes disponible par notre la quiétude et notre présence à l'instant, seconde après seconde. Cela peut se produire au milieu d'une pleine effervescence extérieure, il n'y a pas besoin de se mettre en tailleur sur un Mont sacré mais juste s'élever au-dessus, éloigner notre esprit de vacarme à l'extéreur et à l'intérieur de nous. Ne plus s'écouter penser et ne plus tricoter des histoires sans fin sur une émotions, un évènment. Devenir l'observateur, jute ressentir puis laisser passer comme le ciel laisse passer les nuages. Le silence peut alors s'exprimer de l'intérieur. Pas dans la tête. L'inspiration se ressent, je n'ai rien entendu et pourtant en une fraction de seconde, j'ai tout compris.
L'ego lui n'est pas d'accord et sera toujours présent. Il veut être à l'origine donc il va essayer de récuper son rôle d'initiateur, nous savons reconnaître l'inspiration spontanée, reliée, libre à une forme d'injonction contrôlante, issue d'un conditionnement pulsionnel de l'ego. Je dois, il faut ou de la culpabilité.
Le seul choix que nous avons, est
- de suivre la guidance de notre coeur relié à l'Intelligence créatrice universelle, la Conscience
- de répondre à une volonté autoritaire conditionnée et pulsionnel de l'ego.
Le libre arbitre est une illusion car en réalité, le libre arbitre est lié à la volonté donc à l'ego. Lorsque j'expérimente le libre arbitre, il est déjà trop tard. Si je suis face à un choix, l'ego est déjà au commande car en amont soit c'est moi l'ego qui suit à l'origine des choix, soit je me laisse inspirer et il ne se présente aucun choix.